Vivants

Auteur/trice(s) :Mehdi Charef    

17,00

  • Date de parution: 20 août 2020
  • Dimensions: 12 x 20 cm
  • Format: Le livre est aussi disponible en version numérique via l'onglet dédié ci-dessous
  • ISBN: 978-2-490579-64-8
  • Nombre de pages: 230

Le Livre


J’apprends à mon père à écrire son nom. Il tient bien le stylo entre ses trois doigts, il ne tremble pas. Est-il épaté ou troublé d’écrire pour la première fois de sa vie, à trente-six ans ?

Mon père est de cette génération qu’on a fait venir en France après la Seconde Guerre mondiale, pour reconstruire ce que les Américains et les Allemands avaient bombardé. Que de temps perdu, depuis les années qu’il est là. On aurait pu proposer aux ouvriers algériens des cours du soir, leur montrer ainsi un peu d’estime. Ils devraient tous savoir lire et écrire.

Mon père sourit, ses yeux brillent. Il est là, surpris, ému, parce qu’il voit bien que ce n’est pas si difficile que ça de se servir d’un stylo. À côté de lui, j’entends sa respiration, son souffle.

À quoi pense-t-il ce soir dans notre baraque ? Se dit-il qu’analphabète, il est une proie facile pour ses employeurs, un animal en captivité ?

La colère monte en moi.

Vivants est le sixième roman de Mehdi Charef, qui a notamment publié Le Thé au harem d’Archi Ahmed (1983) et réalisé onze films. Entre souvenirs d’une Algérie qui s’éloigne et expériences d’une France pas toujours accueillante, dans une cité de transit où le provisoire s’éternise, des enfants, des femmes et des hommes fêtent des naissances et des mariages, s’équipent en télévisions et en machines à laver, découvrent la contraception et les ambulances, rient, pleurent, s’organisent, s’entraident… vivent.

 

Cet ouvrage a été publié avec le précieux concours du Centre national du livre (CNL).

Auteur/trice(s)

Mehdi Charef

Mehdi Charef, né le 24 octobre 1952, a grandi à Ouled Charef (Beni-Oussine) et Maghnia, en Algérie, jusqu’en 1962, année de son départ pour la France. Il grandit alors dans le bidonville de Nanterre, en cité de transit puis en HLM. Il travaille comme affûteur-fraiseur de 1970 à 1983. Il envoie alors un manuscrit à Georges Conchon (notamment auteur de L’État sauvage), qui l’aide à publier son premier livre, Le Thé au harem d'Archi Ahmed, au Mercure de France en 1983. Il l'adapte au cinéma l'année suivante sur le conseil de Costa-Gavras, qui prend en charge la production, et obtient de nombreux prix (Prix Jean-Vigo 1985, César 1986 de la meilleure première œuvre). Il publie trois autres romans au Mercure de France (Le Harki de Meriem, 1989 [réédition Agone, 2016], La Maison d’Alexina (1999), À bras le cœur (2006). Il a également participé au recueil Une enfance dans la guerre – Algérie 1954-1962 (Bleu autour). Le Thé au harem est paru en anglais chez Sepent’s Tail. Il écrit enfin une pièce de théâtre, 1962, le dernier voyage, en 2005. Il réalise également dix autres films, dont il écrit lui-même le scénario : Miss Mona (1986), Camomille (1987), Au pays des Juliets (1991, sélectionné à Cannes), Pigeon vole (1995), La Maison d’Alexina (1999), Marie-Line (1999, avec Muriel Robin nominée pour le César de la meilleure actrice), La Fille de Keltoum (2001), Cartouches gauloises (2007), Les Enfants invisibles, « Tanza » (2008, collectif au profit de l’Unicef, avec notamment Spike Lee, Ridley Scott, John Woo et Emir Kusturica), Graziella (2015, avec Denis Lavant, Rossy de Palma et Claire Nebout). Photo © Maya Mihindou

 





En savoir plus

Dans Rue des Pâquerettes (Hors d’atteinte, 2019), Mehdi Charef revenait sur son arrivée en France en 1962, dans le bidonville de Nanterre. Une fois celui-ci détruit, Vivants décrit la cité de transit dans laquelle il est relogé, un dispositif d’habitat précaire réservé par l’administration française aux populations immigrées qu’elle considérait non adaptées à un logement durable, mais dont le loyer était aussi élevé que celui d’un appartement en HLM. Une seule vraie différence distinguait la cité de transit du bidonville : l’eau courante.

Dans ce provisoire que les pères, la première génération d’immigrés, rêvent encore de quitter pour rentrer chez eux, la vie s’organise peu à peu. S’y côtoient des vendeurs de télévisions véreux, une bonne sœur venue faire de l’humanitaire autant qu’échapper à la monotonie du couvent, un boxeur floué par ses entraîneurs et des jeunes femmes en quête d’émancipation. Mehdi Charef, qui voit son expérience de l’Algérie natale se transformer progressivement en souvenirs, consignés comme autant d’impressions sensibles, prend conscience des injustices qui l’entourent. Il le sait : seules l’école et la maîtrise du français lui permettront d’échapper à l’usine, avenir auquel on le destine, et de transmettre sa colère, mais aussi sa joie d’être en vie.

Presse

Le Parisien, 25 août 2020

Les miscellanées d’Usva, 7 septembre 2020

Jeune Afrique, 29 septembre 2020

Bulles de culture, 12 octobre 2020

Ventilo, 14 octobre 2020

Libération, 30 octobre 2020

Diacritik, 3 novembre 2020

Encres vagabondes, 5 novembre 2020

Untitled Mag, 27 novembre 2020

Les lectures de Maud, 15 décembre 2020

Blog Mediapart de Faïza Guène, 23/09/2021

Rencontres

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10 décembre 2022
Lieu : 21, rue Boyer, 75020 Paris

Événements passés

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26 septembre 2020
Lieu : Musée national de l'histoire de l'immigration

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24 septembre 2020
Lieu : Librairie El Ghorba mon amour

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29 août 2020
Lieu : No Mad Festival, Cergy-Pontoise

Livre numérique

Le livre est disponible en version numérique sur le site Les Libraires